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Dans quel quartier loger à Saint-Barth ?

Sur cette île, une plage et un quartier portent souvent le même nom. C’est ce malentendu qui fait réserver la mauvaise villa.

Par Dorian artdevivre9 min de lecture

Réserver « à Gouverneur » ou « à Colombier » ne veut pas dire ce que la plupart des gens croient. Les plus belles plages de Saint-Barth sont protégées et ne portent aucune construction, pas une villa, pas un hôtel. Les quartiers qui leur donnent leur nom sont ailleurs, sur les hauteurs, à quelques minutes de route. Voici ce que recouvre vraiment chaque adresse.

Saint-Barth tient dans vingt-cinq kilomètres carrés. En voiture, tout est à moins de vingt minutes de tout, et les vingt-deux plages de l’île sont accessibles depuis n’importe quelle adresse. Aucun quartier ne vous coupera de quoi que ce soit.

Le choix se joue donc ailleurs, sur une confusion que presque tous les guides entretiennent.

Le malentendu

Ici, un quartier et une plage portent souvent le même nom. Colombier est un quartier et une anse. Gouverneur est un quartier et une plage. Saline, Flamands, Lorient, Marigot, Toiny, pareil.

Le problème, c’est que les guides décrivent la plage et vous laissent croire qu’ils parlent du quartier. On lit qu’il faut trente minutes de marche pour rejoindre Colombier, ce qui est vrai de l’anse et faux du quartier, qui est desservi par la route à quatre kilomètres de Gustavia. On lit que Gouverneur est un bout du monde, ce qui est vrai de la plage et faux du quartier, à cinq minutes du port.

Une fois ce point clarifié, tout devient lisible.

Les quatre plages où personne ne loge

C’est la particularité la plus mal connue de l’île, et la plus décisive. Quatre des plus belles plages de Saint-Barth ne portent aucune construction. Ni villa, ni hôtel, ni restaurant, ni transat. Elles sont protégées et le resteront.

L’anse de Colombier. Un croissant de sable d’environ cent cinquante mètres, à l’extrémité nord-ouest, dans la réserve naturelle. Aucune route n’y descend. On y accède par un sentier côtier d’un kilomètre et demi depuis le bout de la route de Flamands, vingt-cinq à trente minutes de marche, en descente à l’aller, sur un terrain caillouteux où les tongs sont une mauvaise idée. Ou en bateau, un quart d’heure depuis Gustavia. Il n’y a rien en bas. On emporte l’eau et le déjeuner.

Gouverneur. Une baie en croissant ouverte au sud, donc à l’abri des houles du nord, avec une pente très douce et une eau généralement calme. Il y a un petit parking et quelques mètres de marche. Il n’y a rien d’autre. Pas de buvette, pas de transats, pas de toilettes.

Saline. Cinq minutes de marche depuis un petit parking, par un sentier qui passe la dune. Aucune construction, aucune enseigne. C’est la plage la plus photographiée de l’île et la moins équipée. Elle n’est pas protégée par un récif, la mer y est franche, on regarde ce qu’elle fait avant d’y envoyer les enfants.

Shell Beach, à Gustavia, fait figure d’exception dans cette liste puisqu’un restaurant y est installé, mais aucune villa ne la borde.

Loger « à Colombier » ou « à Gouverneur » veut donc dire loger sur les collines qui dominent ces plages. Ce n’est pas un défaut, c’est ce qui a sauvé ces baies. Mais il vaut mieux le savoir avant de réserver.

Voir les villas à Colombier · Voir les villas à Gouverneur

Crique sauvage au sable blanc et rochers à Saint-Barthélemy

Une anse de l’île, un après-midi de semaine.

Les sept plages où l’on peut dormir les pieds dans le sable

À l’inverse, sept plages de l’île portent des villas en bord de mer : Saint-Jean, Lorient, Flamands, Grand Cul-de-Sac, Marigot, Anse des Cayes et Petit Cul-de-Sac.

Il faut savoir que ces maisons sont rares. La construction est limitée le long du littoral, et le nombre de villas réellement posées sur le sable se compte en dizaines sur toute l’île. Elles partent très tôt, en particulier pour Noël et le Nouvel An, et se paient en conséquence.

C’est aussi la raison pour laquelle beaucoup de clients qui reviennent chaque année finissent par ne plus en demander.

Pourquoi les habitués préfèrent la hauteur

C’est une constante que l’on retrouve d’une agence à l’autre. Les primo-visiteurs demandent le front de mer. Ceux qui connaissent l’île prennent les collines.

Trois raisons, et elles se tiennent. Une villa de hauteur donne accès à plusieurs plages plutôt qu’à une seule, ce qui compte sur une île où l’on change de plage selon le vent du jour. Elle offre une intimité qu’aucune maison de bord de plage ne peut avoir, puisque toutes les plages sont publiques. Et elle coûte nettement moins cher à prestation comparable, avec la vue en prime et un peu d’air en milieu de journée.

La contrepartie tient en une phrase. Vous prendrez la voiture pour nager. Cinq minutes, souvent moins, mais vous la prendrez.

Vue aérienne du port de Gustavia à Saint-Barthélemy

La pointe de Gustavia et sa rade.

Les quartiers où l’on marche

Gustavia est la seule vraie ville. Les boutiques, les galeries, les tables du port, tout se fait à pied depuis les villas accrochées aux collines qui dominent la rade. Shell Beach, la plage de la ville, est abritée et se baigne bien, avec un restaurant sur le sable. Elle est faite de coquillages plutôt que de sable fin, des chaussures d’eau sont utiles.

Lurin est la colline juste au-dessus. C’est l’un des plus grands quartiers de l’île et l’un des mieux placés : quelques minutes du port, de Shell Beach, de Gouverneur et de Saline, avec des vues qui portent jusqu’à Saba et Nevis par temps clair. La route qui redescend vers Gouverneur est raide et sinueuse, cela fait partie du décor.

Saint-Jean est le quartier le plus animé et le mieux équipé. C’est là que se trouvent le supermarché, la station-service, la pharmacie et la banque, ce qui change la vie sur une île. La plage est coupée en deux par la pointe de l’Eden Rock, avec un côté abrité où l’eau reste peu profonde longtemps, bon pour les enfants, et un côté plus ouvert où l’on sort les planches. Après Gustavia, c’est l’endroit qui compte le plus de restaurants. À dix minutes de l’aéroport, cinq de Lorient, dix de Gustavia, quinze de Colombier comme de Grand Cul-de-Sac.

Un point que peu de gens anticipent : la piste arrive au bout de la plage. Les avions passent bas et de près toute la journée. C’est le spectacle le plus filmé de l’île, et c’est aussi du bruit jusqu’au coucher du soleil.

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Avion à l’atterrissage sur l’aéroport de Saint-Jean à Saint-Barthélemy

La piste arrive au bout de la plage de Saint-Jean.

Les quartiers où l’eau est calme

Grand Cul-de-Sac est le choix évident avec de jeunes enfants. Le lagon est fermé par un récif, l’eau reste peu profonde très loin du bord, les tortues passent à quelques mètres. Trois hôtels bordent la baie, donc des restaurants, des transats et deux loueurs de matériel nautique. Une réserve, et elle compte : le vent y souffle presque en permanence. C’est ce qui en fait un spot de kitesurf reconnu, avec une école sur place. Si vous cherchez un plan d’eau immobile pour lire, ce n’est pas là.

Lorient est plus local, plus calme, et suffisamment équipé pour y vivre. Le récif protège la baie, l’eau est bonne pour le masque d’un côté, la houle arrive de l’autre et sert de spot de surf. Il y a une boulangerie, deux épiceries, JoJo Burger. Deux réserves : il n’y a pas de toilettes publiques, et la plage se réduit beaucoup à marée haute.

Marigot est une baie étroite, plus rocheuse et plus ombragée que les autres, dans une réserve où les moteurs sont interdits. Le snorkeling y est excellent, on y croise des tortues. Pas de restaurant, presque personne en dehors des gens du quartier.

Petit Cul-de-Sac est la plus confidentielle. Eau calme, sanctuaire marin, piscines naturelles dans les rochers. Elle est difficile à trouver, il n’y a aucune signalisation, et elle reste vide même le week-end.

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Les quartiers pour la vue

Pointe Milou est un promontoire au nord-est, régulièrement cité comme le meilleur point de l’île pour le coucher de soleil. Des villas d’architecte, des terrasses larges, des piscines à débordement face à l’horizon. Il n’y a pas de plage, les premières sont à cinq minutes de voiture, et ceux qui choisissent Pointe Milou le savent : ils passent leurs journées en haut.

Vitet occupe le centre est de l’île et culmine au Morne de Vitet, deux cent quatre-vingt-six mètres, le point le plus haut de Saint-Barth. Peu construit, très calme, des vues qui prennent l’océan et les reliefs. On y va pour le silence, pas pour la plage.

Corossol est un village de pêcheurs à un kilomètre et demi de Gustavia, resté presque tel qu’il était. Des doris tirés sur le sable brun, des maisons colorées, très peu de visiteurs. Depuis les hauteurs, la vue plonge sur la rade extérieure et les yachts au mouillage. Bon snorkeling au large, aucun service sur la plage.

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Les quartiers de la côte au vent

Anse des Cayes a la vague la plus régulière de l’île, praticable toute l’année, sur une plage étroite bordée de corail. Quatre minutes de l’aéroport, neuf de Gustavia, dans une ambiance nettement plus tranquille que Saint-Jean.

Toiny est la vague sérieuse et le décor le plus spectaculaire de l’île, face à l’Atlantique. C’est aussi la plage où l’on ne se baigne pas : courants d’arrachement, vagues puissantes. Le beach club y sert à déjeuner, c’est la bonne façon d’en profiter. Le quartier, lui, est un des plus confidentiels de l’île.

Flamands a l’une des plus longues et des plus belles plages, avec quelques villas en bord de mer et deux restaurants d’hôtel. Elle est exposée et la houle peut y monter. Avec des enfants en bas âge, on regarde la mer avant de descendre.

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Quatre choses à savoir avant de choisir

La voiture n’est pas optionnelle. Les taxis sont chers et peu nombreux, les routes montent sec et se croisent mal. Toutes les villas ont un parking, et tout le monde loue une voiture, y compris ceux qui logent en centre-ville.

Toutes les plages sont publiques. Même devant une villa posée sur le sable. L’intimité, sur cette île, se trouve en hauteur, pas au bord de l’eau.

La moitié des plus belles plages n’a aucun service. Colombier, Saline, Gouverneur, Marigot, Petit Cul-de-Sac, Corossol. Ni restaurant, ni toilettes, ni transats. Ce n’est pas un oubli, c’est ce qui les a préservées, mais cela change la façon d’organiser une journée, surtout avec des enfants ou des parents.

On change de plage selon le jour. Le vent et la houle tournent. Une villa bien placée n’est pas celle qui a la plus belle plage en bas, c’est celle qui en a trois à moins de dix minutes.

Parlons de vos dates

Dites-nous combien vous êtes, l’âge des enfants s’il y en a, ce que vous comptez faire de vos journées et si vous connaissez déjà l’île. Nous connaissons ces maisons, les routes qui y mènent et ce qu’il y a autour. Nous vous dirons franchement laquelle vous conviendra, et laquelle ne vous conviendra pas.

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Coucher de soleil sur la rade de Gustavia à Saint-Barthélemy

Le mouillage de Gustavia au coucher du soleil.