Comment se rendre à Saint-Barth
Aucun vol international ne se pose sur l’île, et aucun jet privé non plus. Reste à choisir par où passer.
La piste de Saint-Barth mesure six cent quarante-six mètres, ce qui la met hors de portée du plus petit jet en service. Le voyage se termine donc toujours par un tronçon court, depuis Saint-Martin, Anguilla, San Juan ou Antigua, en avion léger, en hélicoptère ou par la mer. Voici ce que chacune de ces portes d’entrée implique, et les quelques règles locales qui décident du reste.
La piste de Saint-Barth mesure six cent quarante-six mètres, ce qui la met hors de portée du plus petit jet en service. Aucun vol international ne s’y pose et aucun avion privé à réaction non plus, si bien que le voyage se termine toujours par un dernier tronçon, court, en avion léger, en hélicoptère ou par la mer. Cette contrainte a gardé l’île à l’écart du tourisme de masse, et elle rend le trajet un peu moins évident à organiser qu’ailleurs dans les Caraïbes.
Pourquoi aucun jet ne se pose ici
L’aéroport de Saint-Jean porte officiellement le nom de Rémy de Haenen, le pilote qui s’y est posé le premier en 1945 et qui fut plus tard maire de l’île. Son code est SBH. La piste unique fait six cent quarante-six mètres quand un aéroport régional ordinaire en aligne plus de deux mille, et elle s’arrête net sur la plage de Saint-Jean.
L’approche est devenue une curiosité en soi. Les appareils franchissent le rond point du Col de la Tourmente à faible hauteur, entament une descente très raide et touchent presque aussitôt. Les pilotes qui l’effectuent détiennent une qualification délivrée par la Direction générale de l’aviation civile, obtenue après deux jours d’instruction au sol et cinq à dix heures de vol avec un instructeur agréé, et un commandant de bord doit compter cent heures en place gauche avant même de commencer cette formation.
Il faut surtout savoir que la piste n’est pas éclairée et qu’aucun mouvement n’est autorisé après le coucher du soleil, hélicoptères compris. La règle n’admet ni exception ni supplément, et la plupart des correspondances ratées viennent de là. Les appareils qui desservent l’île sont donc toujours les mêmes, le Twin Otter de dix-neuf places, le Cessna Grand Caravan, le Pilatus PC-12, le plus gros jamais autorisé sur cette piste restant un Dash 7 d’une autre époque.

Six cent quarante-six mètres, et la plage au bout.
Où s’arrête le jet privé
Un jet ne va pas plus loin que Saint-Martin, où il se pose à l’aéroport Princess Juliana, code SXM, à quinze minutes de vol de Saint-Barth. C’est la porte d’entrée la plus utilisée et la plus simple quand les horaires s’y prêtent.
Trois autres aéroports jouent le même rôle, et le bon choix dépend d’où vous partez. San Juan, à Porto Rico, et Antigua sont reliés directement à Saint-Barth, ce qui évite complètement Saint-Martin. Anguilla est le troisième, longtemps réservé aux initiés et beaucoup moins confidentiel aujourd’hui.
Passer par Anguilla
L’aéroport Clayton J. Lloyd, code AXA, dispose d’une piste de mille six cent soixante-cinq mètres qui accepte les jets. American Eagle y pose deux vols quotidiens depuis Miami en Embraer 175 depuis décembre 2021, avec un troisième le samedi, et BermudAir a ouvert du saisonnier depuis Boston, Baltimore et Newark. Une extension de la piste à deux mille cent trente-quatre mètres est en travaux et doit s’achever cette année, ce qui ouvrira l’île à des appareils plus gros encore.
Reste ensuite une trentaine de kilomètres de mer. Saint-Barth Commuter assure la liaison en charter depuis Clayton J. Lloyd, quinze minutes en Cessna Grand Caravan. L’hélicoptère fait le trajet lui aussi, en une dizaine de minutes. Le bateau privé, enfin, part de Blowing Point et rejoint le quai de Gustavia en une heure environ, à condition d’avoir envoyé les copies des passeports quarante-huit heures à l’avance, puisque l’on change de territoire en chemin.
Cet itinéraire séduit surtout ceux qui prolongent d’une nuit ou deux à Anguilla, et ceux dont le vol depuis les États-Unis se pose plus tôt qu’à Saint-Martin.
Depuis Saint-Martin
Winair relie Princess Juliana à Saint-Jean plusieurs fois par jour en Twin Otter, un bimoteur à hélices de dix-neuf places, et le vol dure quinze minutes. Le bagage en soute est plafonné à vingt-trois kilos par personne, avec des soutes dessinées pour des sacs souples, si bien que les grandes valises rigides posent régulièrement problème au comptoir.
Saint-Barth Commuter, la compagnie de l’île, fondée en 1994 et installée à Saint-Jean, vole en Cessna Grand Caravan depuis Princess Juliana, mais aussi depuis Grand Case, sur la partie française de Saint-Martin, et depuis la Guadeloupe. Cette dernière ligne est régulièrement ignorée des voyageurs venus de France, qui passent par les États-Unis sans savoir qu’ils pouvaient rejoindre l’île par les Antilles.
Comptez cent cinquante à deux cent vingt euros par personne et par trajet selon la saison. La difficulté tient moins au prix qu’à la correspondance. Une heure trente entre l’atterrissage du long-courrier et le décollage du petit avion constitue un minimum raisonnable à SXM en haute saison, et nous préférons deux heures quand le vol arrive de nuit européenne.

Quinze minutes de vol, et la journée commence.
Depuis San Juan ou Antigua
Tradewind Aviation dessert Saint-Barth depuis San Juan, Antigua et Saint-Thomas toute l’année, en Pilatus PC-12, huit passagers et deux pilotes, une cinquantaine de minutes depuis San Juan. Pour qui vient des États-Unis, l’intérêt est net. San Juan reçoit quantité de vols directs depuis New York, Miami ou Boston, et la correspondance se fait dans un terminal privé, sans reprise de bagages ni file d’attente. Le trajet revient plus cher qu’un passage par Saint-Martin, mais il supprime l’endroit précis où la plupart des voyages se compliquent.
L’hélicoptère
Corail Helicopters, basé à Grand Case depuis 2004, et West Indies Helicopters assurent la liaison depuis Saint-Martin comme depuis Anguilla. Les appareils vont du Robinson R44, trois passagers, à l’Airbus AS355N Écureuil qui en prend cinq. On affrète l’appareil et non le siège, ce qui rend la formule raisonnable à partir de quatre personnes, pour un ordre de grandeur de deux mille euros selon la saison et le modèle. Le vol dure dix minutes, l’appareil se pose sur la même piste que les avions, et il obéit exactement à la même règle du coucher de soleil.

Dix minutes au dessus du canal.
Le ferry
Great Bay Express part de Philipsburg, côté hollandais, et rejoint Gustavia en quarante-cinq minutes, plusieurs fois par jour. Voyager part de Marigot, côté français, et met une heure vingt. Les deux accostent au pied de la ville, ce qui évite l’aéroport, et Oyster Pond n’est plus desservi depuis qu’un des opérateurs a cessé son activité au printemps. Comptez soixante à cent dix euros par personne et par trajet.
Le canal entre les deux îles n’est pas toujours d’humeur, la traversée se fait au vent et à la houle, et les estomacs fragiles préfèrent généralement l’avion. Le ferry n’impose en revanche aucune limite de bagages, ce qui en fait la meilleure réponse pour une famille nombreuse ou pour un séjour long.
Le bateau privé
Un transfert privé depuis Saint-Martin ou depuis Anguilla part à l’heure qui vous arrange, de la marina de votre choix, et vous dépose à Gustavia. Nous y recourons surtout quand un jet se pose après la dernière rotation aérienne, et cela sauve une soirée plus souvent qu’on ne l’imagine.

Le transfert privé, quand l’heure du dernier vol est passée.
Si vous venez sur votre propre bateau, Gustavia est le seul port d’entrée de l’île. On appelle la capitainerie sur le canal VHF 12, indicatif Port de Gustavia, deux heures avant l’arrivée de préférence, puis le commandant se présente au bureau du port, sur le quai, avec les papiers du navire et les passeports de tous ceux qui sont à bord. Une préclearance en ligne existe vingt-quatre heures à l’avance. Le bureau ouvre de sept heures à dix-sept heures trente, tous les jours de l’année.

Le quai de Gustavia, seul port d’entrée de l’île.
Ce qui commande le reste
Le soleil, d’abord. En décembre la nuit tombe peu après dix-sept heures trente, et un long-courrier qui atterrit à SXM en fin d’après-midi vous coûtera une nuit d’hôtel à Saint-Martin ou une traversée en bateau. C’est le premier point que nous regardons quand un plan de vol nous arrive.
Les bagages ensuite, vingt-trois kilos en soute sur les vols réguliers et des soutes conçues pour du souple, ce que le ferry et le bateau privé règlent immédiatement si vous voyagez lourd. Et la correspondance, une heure trente à SXM au minimum, que nous vérifions avant que nos clients réservent quoi que ce soit.
Ce que nous prenons en charge
Nous organisons l’ensemble du trajet, jet privé jusqu’à Saint-Martin, Antigua ou Anguilla compris. Nous réservons le tronçon vers Saint-Barth, avion ou hélicoptère, ou le bateau privé lorsque l’heure ne passe plus. Nous assurons l’assistance à l’aéroport de correspondance entre votre arrivée et votre dernier vol, et nous vous attendons à Saint-Jean pour vous accompagner jusqu’à la villa.
Envoyez-nous vos horaires de long-courrier, nous construisons le reste autour.
Galerie








